Comment fixer son TJM : guide pratique
Guide pratique pour calculer et présenter votre TJM : méthode étape par étape, repères de marché, cas pratiques et scripts pour négocier avec un client.

Vous savez quel net il vous faudrait en fin de mois, et vous cherchez le prix à écrire sur votre devis. Toutes les pages du secteur font le trajet dans l’autre sens : elles partent d’un tarif journalier et vous annoncent ce qu’il « rapporte ». Cette page fait le chemin inverse, celui que personne n’a intérêt à publier : on part du net que vous voulez en poche, et on remonte, étage par étage, en disant à chaque fois ce qui est prélevé et par qui — jours sans mission compris.
Sommaire
- Ce que le calcul inverse change
- Étape 1 — poser le net que vous voulez en poche
- Étape 2 — compter vos jours réellement facturables
- Étape 3 — remonter la chaîne des prélèvements, péage par péage
- Étape 4 — vérifier le plancher et le plafond de votre statut
- Ce que cette page ne peut pas vous dire
- Annoncer et défendre son tarif
- Sources et méthode
Ce que le calcul inverse change
Le tarif journalier moyen, ou TJM, est le prix facturé par un indépendant pour une journée de travail : c’est la définition que donne le centre d’aide de la plateforme Malt, consulté le 16/09/2026. Retenez le mot prix. Ce n’est ni un salaire ni un revenu, c’est un prix de vente hors taxes que vous négociez vous-même et qui va traverser plusieurs prélèvements avant d’arriver sur votre compte.
La réponse courte, et elle tient en une phrase : votre TJM se déduit de trois grandeurs que vous êtes seul à connaître — le net que vous visez, le nombre de jours que vous facturerez vraiment dans l’année, et l’ensemble des prélèvements qui s’appliquent à votre statut. Retirez-en une seule, et le chiffre obtenu ne veut rien dire.
Les guides de méthode des plateformes freelance listent d’ailleurs les mêmes ingrédients : charges professionnelles, revenu cible, jours facturables, positionnement de marché — c’est le cas du guide de Malt et de celui du Guide du portage, consultés le 16/09/2026. Aucun ne publie le trajet retour complet. C’est celui qui suit.
Étape 1 — poser le net que vous voulez en poche
Le point de départ n’est pas un tarif, c’est un montant de vie. Écrivez le net mensuel dont vous avez besoin pour que l’activité tienne : le loyer, les crédits, ce que vous mettez de côté, ce qui vous a fait partir ou ce qui vous ferait rester. Si vous venez du salariat, prenez votre net actuel comme repère, pas comme objectif : le statut d’indépendant déplace aussi des postes qui étaient portés par l’employeur.
Passez ensuite ce net mensuel à l’année. C’est l’unité de travail correcte, parce que tout ce qui suit — jours facturés, mois creux, provisions — se raisonne sur douze mois et jamais sur un mois plein. Un calcul mené sur un mois plein est exactement le défaut commun à tous les simulateurs du secteur : ils supposent un mois complet, c’est-à-dire la situation la plus favorable et la moins fréquente.
Ajoutez enfin, à ce net annuel visé, ce que vous devez financer vous-même et qui ne se voit pas sur une fiche de paie : matériel, logiciels, assurance responsabilité civile professionnelle, formation, déplacements de prospection. Ce total est votre besoin annuel réel. C’est lui qui monte à l’étage suivant, pas votre ancien salaire.
Étape 2 — compter vos jours réellement facturables
C’est l’étage où presque tous les calculs publics dérapent, parce qu’il est le seul qui fasse baisser le résultat. Une année n’est pas faite de jours facturables : elle est faite de jours, dont une partie seulement sera vendue à un client.
Retirez d’abord les week-ends et les jours fériés. Retirez les congés que vous comptez réellement prendre. Retirez les jours de maladie que vous n’avez pas prévus mais qui arriveront. Retirez ensuite le temps qui n’est facturable à personne et qui existe pourtant : la prospection, les rendez-vous commerciaux qui n’aboutissent pas, les devis, la comptabilité, la facturation et la relance des impayés, la veille et la montée en compétences. Retirez enfin les périodes sans mission, entre deux contrats — c’est le poste que les simulateurs commerciaux ne montrent jamais, et c’est celui qui décide le plus souvent de la viabilité d’une année.
Aucune source publique retenue ici ne publie un nombre-type de jours facturables par an, et cette page ne vous en inventera pas un. Le chiffre est le vôtre : il dépend de votre métier, de votre carnet d’adresses et de la longueur de vos missions. Faites l’exercice deux fois, une fois sur une hypothèse confortable et une fois sur une hypothèse dégradée. L’écart entre les deux TJM obtenus est l’information la plus utile de tout le calcul : c’est le prix de votre incertitude.
Étape 3 — remonter la chaîne des prélèvements, péage par péage
Vous avez un besoin annuel en net et un nombre de jours. Il reste à savoir ce qui sépare le prix payé par le client de ce net. Le portage salarial est, sur ce point, le seul dispositif dont l’ordre des prélèvements est écrit dans le droit : l’article L1254-25 du code du travail impose à l’entreprise de portage de tenir un compte d’activité retraçant chaque poste, et l’article 21.2 de la convention collective de branche en fixe la formule. C’est donc lui qui sert de démonstration ici — faits relevés le 17/09/2026.
Deux enseignements sortent de cette remontée, et ils sont contre-intuitifs. Le premier : les cotisations patronales s’ajoutent au brut, elles ne s’en déduisent pas. C’est la raison numéro un pour laquelle un tarif journalier élevé ne se retrouve pas en net, et c’est l’explication qui manque dans la quasi-totalité des pages concurrentes. Le second : entre le prix payé par le client et le net perçu, il y a cinq péages successifs, et un seul d’entre eux — le premier prélevé, celui de l’intermédiaire — a un taux négociable.
Rien n’entre d’ailleurs dans le circuit tant que la facture n’est pas encaissée. Votre trésorerie ne se règle pas sur la date de la prestation mais sur celle du paiement.
Sur ce premier péage, justement, aucun texte ne fixe de taux : il est purement contractuel, et son assiette est le chiffre d’affaires hors taxes encaissé. Voici ce que les acteurs affichaient eux-mêmes sur leurs sites au jour du relevé.
Un modèle sort du pourcentage et mérite d’être connu au moment de comparer, parce qu’il change la nature du calcul sur les chiffres d’affaires élevés : au 17/09/2026, Jump affiche non pas un taux mais quatre forfaits mensuels selon la tranche de chiffre d’affaires sur douze mois.
Attention à l’erreur la plus répandue de la verticale : un taux de frais de gestion annoncé à 5 % ne veut pas dire que vous gardez 95 %. Les frais de gestion sont le plus petit des prélèvements de la chaîne ; les cotisations sociales sont de très loin le plus gros. Choisir un intermédiaire sur ce seul critère revient à négocier le péage le moins cher de la route.
Étape 4 — vérifier le plancher et le plafond de votre statut
Le TJM que vous venez d’obtenir doit encore passer deux contrôles, l’un par le bas, l’autre par le haut. Par le bas, si vous exercez en portage salarial, votre rémunération ne peut pas descendre sous les minima de la convention collective de branche du 22 mars 2017, identifiée par l’IDCC 3219 et étendue en 2017. Ces minima s’expriment en pourcentage du plafond de la sécurité sociale, ce qui fait de ce plafond le chiffre pivot de toute la verticale.
Ces trois montants sont fixés par l’arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la sécurité sociale pour 2026, publié au Journal officiel du 23 décembre 2025, applicable aux périodes d’activité courant à compter du 1er janvier 2026. Ils ont été vérifiés dans le texte de l’arrêté le 17/09/2026. Méfiez-vous des pages qui servent encore le plafond mensuel de 3 925 € : c’est celui de 2025.
La convention de branche retient quatre niveaux de rémunération minimale, exprimés en pourcentage de ce plafond mensuel — premier niveau, junior, senior, et expert au forfait jour. Appliqués au plafond en vigueur, ils donnent les planchers suivants pour un temps plein.
Par le haut, le contrôle est différent : si vous exercez en micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel — donc votre TJM multiplié par vos jours facturés — doit rester sous le seuil de votre activité.
Ces deux seuils ont été relevés le 17/09/2026 sur le portail de l’auto-entrepreneur de l’URSSAF, qui les donne pour les revenus 2026. Les valeurs de 77 700 € et 188 700 € que l’on lit encore partout sont celles des revenus 2025. Un seuil de ce type se révise périodiquement : vérifiez-le à la source avant d’y adosser une décision.
Ce que cette page ne peut pas vous dire
Publier cette liste est plus utile que de la combler. Voici ce que les sources publiques consultées ne permettent pas d’affirmer, et que vous verrez pourtant écrit ailleurs avec aplomb.
Des repères de marché existent pourtant, et ils se lisent — à condition de savoir ce qu’ils sont. L’étude 2025 de RH Solutions sur les TJM freelances et le livre blanc de Malt sur la compétitivité des freelances, tous deux consultés le 16/09/2026, sont des données déclaratives portant sur les inscrits ou les clients de leur éditeur, pas des statistiques du marché entier. Le rapport de la DARES sur les freelances, consulté le 16/09/2026, éclaire le contexte macroéconomique mais ne donne aucune formule de calcul du TJM. Un baromètre se cite toujours avec son nom et son millésime, et il sert à se situer, jamais à se fixer un prix.
Annoncer et défendre son tarif
Un TJM se prononce comme un prix, sans préambule ni excuse : « mon tarif journalier est de tant, hors taxes ». Toute hésitation dans la phrase ouvre la négociation avant que le client ne l’ait demandée.
Trois réflexes valent mieux qu’un argumentaire. Distinguez le tarif journalier du forfait : le premier facture du temps et suppose que le périmètre peut bouger, le second facture un résultat et transfère sur vous tout dépassement — vendre au forfait un projet dont le périmètre n’est pas écrit revient à baisser son TJM sans le dire. Si vous passez par une plateforme, souvenez-vous que sa commission est un péage supplémentaire : le prix affiché au client et ce que vous encaissez ne sont pas le même montant, et votre calcul part du second. Négociez enfin les modalités avant le prix — une durée minimale de mission, un rythme de facturation, un délai de paiement et une clause de périmètre pèsent souvent plus lourd sur une année que quelques dizaines d’euros de tarif journalier.
Enfin, si vous exercez en portage, réclamez votre compte d’activité. L’article L1254-25 du code du travail impose à l’entreprise de portage de vous le notifier chaque mois, avec le détail des versements du client, des frais de gestion, des frais professionnels, des prélèvements sociaux et fiscaux, de la rémunération nette et de l’indemnité d’apport d’affaires. C’est la seule pièce qui permette de vérifier qu’un calcul est exact. Aucun simulateur commercial ne la remplace : chacun applique en dur le taux de frais de son éditeur, et deux simulateurs donnent deux nets différents pour le même TJM.
Avec un TJM de 500 €, je touche combien net ?
Ce que devient un TJM de 500 € dépend du taux de frais de gestion, des frais professionnels justifiés et du taux de cotisation applicable. Le seul chiffre honnête est une fourchette, et elle se calcule sur une situation précise. Un net « moyen » pour un tarif donné n’existe pas : il varie avec le statut, le nombre de jours facturés dans le mois et les exonérations applicables.
Quelle différence entre TJM et tarif horaire ?
Le TJM est le prix d’une journée de travail, le tarif horaire celui d’une heure. Le passage de l’un à l’autre n’est pas une simple division : une journée vendue comprend des temps de coordination et de reprise de contexte qu’un découpage horaire fait disparaître de la facture.
Faut-il intégrer la commission d’une plateforme dans son TJM ?
Oui, et à sa vraie place : c’est un prélèvement de plus entre le client et vous. Le calcul inverse doit partir de ce que vous encaissez réellement après commission, pas du montant affiché sur l’annonce.
Peut-on avoir un TJM différent selon le client ?
Rien ne l’interdit, et en portage salarial c’est même le porté qui négocie lui-même ses prix : le code du travail, à l’article L1254-2, fait de cette autonomie une condition d’accès au dispositif. En pratique, la durée de la mission, le volume commandé et le délai de paiement justifient des écarts. Gardez simplement une cohérence défendable si vos clients se parlent.
Combien de jours facturables faut-il compter par an ?
Aucune des sources retenues pour cette page ne publie de nombre-type, et il ne sera donc pas avancé ici. C’est à vous de le poser, en retirant week-ends, fériés, congés, maladie, temps administratif, prospection et périodes sans mission. Faites le calcul en hypothèse haute et en hypothèse basse.
Sources et références
- Chaque chiffre de cette page porte sa date de relevé. Les règles de droit viennent du code du travail, notamment des articles L1254-2 et L1254-25, et de la convention collective de branche des salariés en portage salarial du 22 mars 2017, IDCC 3219, dans sa version issue de l’avenant n° 12 du 20 décembre 2022 ; relevés le 17/09/2026. Le plafond de la sécurité sociale vient du texte même de l’arrêté du 22 décembre 2025, lu le 17/09/2026. Les seuils de la micro-entreprise viennent du portail de l’auto-entrepreneur de l’URSSAF, relevés le 17/09/2026. Les taux de frais de gestion ont été relevés un par un sur les sites des éditeurs le 17/09/2026 : ce sont des pratiques commerciales affichées à une date, pas des règles, et elles se re-vérifient avant tout usage. Les éléments de méthode et les repères de marché proviennent des guides de Malt, du Guide du portage et de ToolsFreelance, de l’étude 2025 de RH Solutions, du livre blanc de Malt et du rapport de la DARES sur les freelances, tous — consulté le 16/09/2026
Une dernière précision, qui vaut pour toute la page : elle explique des règles générales, elle ne traite aucun cas particulier. Pour une décision engageant votre statut, votre fiscalité ou votre protection sociale, faites valider votre situation par un expert-comptable ou un professionnel du droit.

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